Ah, les soldes ! Il fût un temps, je mettais mon réveil pour être sûre d’être la première sur les sites de ventes privées. Je faisais aussi un détour sur le chemin de l’université pour faire des bonnes affaires avant d’aller en cours ! Mais ce temps-là est révolu. Il m’arrive encore de faire des achats de vêtements en promotion lorsque je cherche quelque chose en particulier et que je tombe dessus par hasard. Mais cela est le résultat d’une décision mûrement réfléchie et que je ne regrette jamais. Je ne fais donc plus les soldes de manière « classique » depuis 4 ans et je vais vous expliquer pourquoi.

Pour ne pas encombrer mon espace vital et mental

Avec le temps que me suis rendue compte que les habits que j’achetais en ayant fait les soldes finissaient toujours au fond de mon placard sans être portés ! Mes nombreux déménagements m’ont permis de voir, en faisant mes valises, le nombre de vêtements laissés pour compte. La raison est que je n’ai jamais eu BESOIN des vêtements que j’achetais en soldes, mais je les achetais, car cela me faisait plaisir. Le plaisir s’estompait vite cependant face à ma pile de vêtements non portés qui grandissait. J’en étais arrivée au point de demander à mon copain si je pouvais lui « emprunter » la moitié de son dressing, car je n’avais plus de place de mon côté… Autant vous dire que monsieur n’était pas ravi !

Les vêtements que j’achetais encombraient donc beaucoup mon dressing et mon espace vital. Et pour cause : selon une étude de l’Ademe, nous achetons en moyenne 60 % d’habits de plus qu’il y a trente ans, et nous ne portons réellement que 30 % de notre garde-robe ! Et je faisais bien partie de ces gens-là 🙂

De plus, l’encombrement de mon espace commençait à jouer sur mon mental… Je ne sais pas vous, mais moi quand mes armoires débordent je me sens angoissée et vraiment mal dans ma peau. Ironie du sort, c’est quand j’avais le plus de vêtements que j’avais le plus souvent l’impression que je n’avais rien à me mettre ! Bref, le dressing qui déborde c’est vraiment une source de frustration et je le sais bien maintenant que je fais attention à ce que j’achète.

Mon dressing d’avant avec 1200000 vêtements :0

Pour ne pas participer à la détérioration de l’environnement

C’est parfois difficile de faire le lien entre l’achat d’un t-shirt beige à fleurs et l’augmentation des GES. C’est pourtant bien le cas. Selon une étude, les personnes ne seraient pas conscientes des effets de leur consommation à cause de la mondialisation. En effet, les effets négatifs comme la pollution des eaux se font à l’autre bout du monde. Le client ne peut donc pas voir, sentir ou toucher toute la pollution engendrée par la production de vêtements. Ce détachement entre la production et la consommation explique pourquoi le consommateur se sent moins concerné. Et cela engendre des pratiques de consommation non durables. 

Dans les pays occidentaux nous sommes loin de la pollution engendrée par l’industrie textile. Mais je pense qu’on ne peut pas fermer les yeux sur ce problème. Il y a des chiffres qui parlent d’eux-mêmes et je me suis fait un plaisir de vous les proposer ci-dessous 😉

La mode émet 1,2 tonne de gaz à effet de serre chaque année. Cela est supérieur à tous les trafics aériens et maritimes réunis

Pour fabriquer un t-shirt, il faut l’équivalent en eau de 70 douches. Pour un jeans, c’est 285 douches

En parlant d’eau, nous utilisons chaque année 4 % d’eau potable disponible dans le monde pour produire des vêtements. Par ailleurs, 3 personnes sur 10 n’ont pas encore accès à des services d’eau potable, on se demande pourquoi… 

De nos jours, moins de 1% des vêtements que l’on achète sont ensuite recyclés pour en faire de nouveaux. La plupart finissent donc en déchèterie

Un petit dernier : après lavage des vêtements en machine, on estime à plus de 500 000 tonnes de microparticules plastiques relâchées chaque année dans l’océan. Cela représente plus de 50 milliards de bouteilles en plastique.

Vous l’aurez compris, tous ces chiffres ont été un élément déclencheur dans ma décision de ne plus faire les soldes. Ce n’est pas pour autant que je n’achète plus de vêtements. Je n’achète juste plus d’habits de la fast-fashion qui sont fabriqués sans conscience sociale et environnementale.

Pour ne pas soutenir financièrement une industrie qui n’a plus de sens

En marketing, les promotions sont d’excellents moyens de pousser à la consommation. C’est un phénomène psychologique où le consommateur achète davantage car il pense faire une bonne affaire. A l’exception des petites marques de mode éthique qui font les soldes pour écouler leurs stocks, les promotions sont devenues de véritables arguments marketing. La période des soldes permet donc aux enseignes de fast-fashion d’augmenter leur chiffre d’affaires. Celui-ci peut aller jusqu’à 30% de bénéfices. Certaines enseignes augmentaient même les prix avant les soldes pour pouvoir faire de plus grosses promotions.

Ce qui (me) pose problème dans ce modèle est le fait de vouloir en faire toujours plus. Il y a toujours plus de vêtements, plus de promotions, plus de bénéfices et plus d’inégalités. La fondation Fair Wear a montré les inégalités lors de la vente d’un t-shirt de fast-fashion produit au Bangladesh. Dans cet exemple, on voit que pour un t-shirt à 29 euros, la majorité de cet argent va au magasin. Il s’en sert pour payer son loyer, les salaires des vendeurs, etc. Il n’y a qu’une infime partie (0,18€, soit 0,6% du prix total) qui revient au travailleur. J’ai aussi souligné le coût du matériel, car il est relativement faible comparé aux marges du magasin.

Source : Fair wear Foundation, Clean Clothes Campaign

On le dit souvent, l’acte d’achat est comme un vote pour le modèle que l’on souhaite soutenir. Personnellement, je n’ai plus envie de soutenir un modèle qui pousse à la consommation. Je n’ai plus envie d’acheter de choses dont je n’ai pas besoin. Je n’ai pas non plus envie de donner mon argent à une enseigne qui ne rémunère pas justement ses travailleurs. Un exemple d’actualité est la campagne #payup. Avec la crise du Covid-19, de nombreuses enseignes de fast-fashion ont choisi de faire peser les conséquences financières sur les travailleurs des usines de confection. Plus de deux millions de travailleurs au Bangladesh n’ont pas été rémunérés alors que les commandes de vêtements étaient achevées. Encore un exemple qui montre l’injustice sociale du système de production mondiale.

Pour finir, il y a une phrase qui me parle beaucoup surtout en période de soldes :

arrêtez d’acheter des choses dont vous n’avez pas besoin avec de l’argent que vous n’avez pas
pour impressionner les gens que vous n’aimez pas »

Dave Ramsey

J’espère que ces trois raisons vous ont permis d’en apprendre un petit peu plus sur les raisons qui m’ont poussées à ne plus faire de soldes de fast-fashion. Changer ses habitudes ce n’est pas facile surtout lorsqu’on aime renouveler sa garde robe. Pour cela, je préfère faire des achats de seconde main : c’est plus éco-responsable et moins cher. J’aime aussi faire quelques achats de mode éthique, soldés ou non, pour avoir de belles pièces qui durent longtemps dans mon dressing. Dans tous les cas, j’ai pris l’habitude de consommer moins et je me porte beaucoup mieux !

Bien entendu, chacun est libre de faire comme bon lui semble. Le plus important est d’être conscient de ses choix et de le faire à son propre rythme 😉

N’hésitez pas à me dire ce que cet article vous inspire comme réflexion ! Vous pouvez aussi me partager votre expérience durant les soldes et si vous avez changé vos habitudes ou non 🙂

A très vite,

Lucy

Sources :

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/le-revers-de-mon-look.pdf

https://www.babyloan.org/fr/odd-acces-eau-vital-humanite

Sustainable Markets: Motivating Factors, Barriers, and Remedies for Mobilization of Slow Fashion, Zeynep Ozdamar Ertekin, Deniz Atik, 2015

https://www.fairwear.org/

https://www.novethic.fr/actualite/social/consommation/isr-rse/soldes-alors-que-zara-empoche-des-milliards-de-benefices-les-ouvrieres-gagnent-a-peine-de-quoi-vivre-148072.html

https://semaineantipub.org/publicite-abusive/soldes-et-promotions